Ma critique de « Comédies françaises » d’Éric Reinhardt

J’ai oublié de vous dire que j’avais fini le dernier roman d’Éric Reinhardt. Enfin, j’ai oublié d’écrire sa critique. Pour tout vous dire, c’est sans doute parce que je ne savais trop comment l’aborder…

« Comédies françaises » est l’un des romans dont j’ai le plus entendu parler lors de la rentrée littéraire. En bien, la plupart du temps et en insistant souvent sur l’enquête à propos de Louis Pouzin, l’homme qui avait inventé le datagramme et aurait donc théoriquement pu permettre à la France d’inventer Internet. Comme d’une part, je suis une sorte de dinosaure d’Internet et que, d’autre part, j’avais beaucoup aimé « Cendrillon » (du même auteur), je n’ai pas résisté bien longtemps à l’envie de le lire.

Hélas, si l’enquête est bien là, et qu’elle est intéressante, je dois avouer que le livre en lui-même m’a laissé un peu sur ma faim.

En une sorte de mise en abime (pas inintéressante), « Comédies françaises » raconte l’histoire de Dimitri qui lui-même a le projet d’écrire un livre sur l’invention d’Internet ou, plus précisément, sur l’invention manquée d’internet en France. Cette partie est bien documentée et vraiment intéressante. Pour faire court : Louis Pouzin a inventé le datagramme ce qui a permis le développement des réseaux à commutation de paquets, c’est à dire le protocole TCP/IP mis au point par les américains et qui est à la base d’Internet. Sauf que Louis Pouzin travaillait à l’IRIA, dans le cadre du Plan Calcul lancé par le Général De Gaulle mais arrêté par VGE à la suite d’un lobbying intense des télécommunications qui lui préféraient la norme X25 qui, elle, amènera au développement du Minitel. Internet d’un côté, le Minitel de l’autre, vous voyez le problème ? C’est vrai qu’il n’a pas particulièrement eu le nez creux notre VGE 🙁

Ceci dit, rien ne dit que le réseau Cyclades imaginé par Louis Pouzin aurait eu le même succès qu’Internet. Pas si simple d’imaginer une uchronie convaincante, c’est l’une des faiblesses, je trouve, de l’enquête de Dimitri, et du livre d’Éric Reinhardt. Passons.

Sauf que le roman raconte aussi beaucoup d’autres choses et, notamment, la vie intime de Dimitri, ses états d’âme et ses frasques. Il est souvent aussi attachant qu’il peut être agaçant. Attachiant quoi. Ses obsessions, dont celle qu’il a sur Louis Pouzin, m’ont parfois perdu. Tout cela est trop décousu pour moi. Trop de répétitions, trop de temps morts, un manque de rythme. Bref, je n’ai pas (trop) aimé. Je ne dirais pas que c’est un mauvais livre, j’imagine que beaucoup l’aimerons… mais il n’était simplement pas fait pour moi.

En fait, plus que l’histoire du datagramme, c’est presque les passages où Dimitri raconte la rencontre à New-York de Max Ernst et de Jackson Pollock, prélude au formidable essor de l’art abstrait en Amérique, qui m’a le plus passionné. Je lirais bien un livre là-dessus (pas trop décousu s’il vous plait).


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Écrit par moko

Lomographe, lecteur... et maître de la toile d'araignée... et expert en accessibilité... et des trucs dans les medias, les réseaux, le marketing, le design...

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