Je ne connaissais pas vraiment Henri Cernuschi, même si je connaissais le musée Cernuschi, qui abrite aujourd'hui les collections qu'il nous a légué.
Ce petit livre de la collection « Passeurs d'Asie », que j'ai reçu grâce à une opération Masse critique, m'a permis d'en apprendre plus. C'est un docu-fiction, écrit à la première personne. Henri Cernuschi est né à Milan, mais ses opinions républicaines l'ont forcé à quitter l'Italie pour la France, où il va faire fortune en devenant banquier. En 1871, il a tenté de réconcilier Commmunards et Versaillais, a perdu un bon ami accusé et exécuté par les Communards... et a fini par devoir quitter la France avec son ami Théodore Duret, le temps que ces temps troublés passent.
Comme son nom l'indique, ce livre est le récit de voyage qu'Henri Cernuschi aurait pu écrire. Il commence en octobre 1871, pour son arrivée au Japon, et se termine quelque mois plus tard, pour son départ. C'est un roman court, mais qui remplit parfaitement son office : nous faire découvrir Henri Cernuschi, et nous faire comprendre comment il a été pris de passion pour l'art et l'artisanat Japonais, mais aussi pour décrire le Japon de cette époque Meiji si particulière, pendant laquelle le Japon qui a été longtemps, par choix, totalement isolé, s'est ouvert aux occidentaux. Au fil de leur voyage - Yokohama, Edo, Osaka puis Kyoto - Henri et Théodore vont prendre plaisir à découvrir la culture japonaise, et Henri va faire l'acquisition de milliers d'oeuvres qu'il fera expédier à Paris. On y découvre aussi, en même temps qu'Henri et Théodore, l'habitat traditionnel japonais, son mode de vie, sa gastronomie, etc. De nombreuses illustrations en noir et blanc nous permettent de mieux se représenter les lieux qu'ils visitent.
Une section biographique et un glossaire permet de mieux situer le voyage, et donne des détails sur la suite : une fois rentré à Paris, il n'aura de cesse de faire découvrir sa collection, qu'il léguera ensuite à la Ville de Paris. Le musée Cernuschi, installé dans son hôtel particulier, ouvrira en 1998, 2 ans après sa mort.
