Ma critique de « Patient Zéro » de Philippe Besson

Patient Zéro« Patient Zéro » est ma deuxième lecture dans la collection Incipit (après « Les délices de 36 » de Nicolas Rey).

« Incipit », je vous le rappelle, propose à des écrivains de raconter une « première fois ».

Ici, Philippe Besson revient sur le mythe du patient zéro, le premier malade atteint du sida. Entendons-nous bien, il ne cherche pas un coupable, ni même un responsable, il détaille ce que l’on sait, et imagine ou extrapole ce qu’on ne sait pas.

Alors d’où vient le sida ? Philippe Besson énumère tous les cas suspects. Le premier date de 1959. Ce ne sont que des soupçons, tous plus ou moins étaillés et crédibles sans jamais pouvoir prétendre à devenir des certitudes.

Afrique, Danemark, Haïti… on se rapproche petit à petit des États Unis. Arrive ensuite l’année 1976, le bicentenaire des USA, qui voit converger vers New-York des matelots du monde entier, bien décidés à faire la fête. La dernière fête qui se fera avant que chacun soit conscient que le sida est en embuscade. La fin de l’innocence.

Le 5 juin 1981, le « cancer gay » est identifié par le CDC d’Atlanta.

En 1984, Gaëtan Dugas, coiffeur québecois, est catalogué « patient zéro ». Il est gay, a été stewart, et donc voyage beaucoup, il a une vie sexuelle débridée… bref, c’est le coupable idéal… sauf que. Sauf qu’on l’a vite catégorisé « patient zéro » quand, en réalité, il était pour les chercheurs le « Patient O » pour « Out of America » (par oppostion aux autres malades catégorisés par l’État dans lequel ils demeurent).

Ce court roman (une centaine de page) montre bien à quel point l’identification de la maladie fut long (sans parler des traitements, non, juste mettre un nom sur la maladie). Philippe Besson mêle habilement enquête scientifique et travail d’écriture pour raconter ces balbutiements de manière particulièrement sensible, avec beaucoup de pudeur et de bienveillance.


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