Ma Critique de « La Longue Terre » de Terry Pratchett et Stephen Baxter

À l’ouest, du nouveau !

La Longue TerreTout commence quand un scientifique mets à disposition, sur internet, le plan du « Passeur », une machine qui, si on l’assemble en respectant des consignes précises et qu’on finit par lui ajouter sa source d’énergie (une pomme de terre), permet de se déplacer vers les terres parallèles, dans un sens ou dans l’autre, à l’infini.

En fait, non, tout avait commencé avant… car certains avaient déjà la capacité de passer sans avoir besoin de cette machine. Mais c’est le « Jour du Passage » qui a ouvert à toute l’Humanité cette « Longue Terre » infinie.

Personne de comprends bien comment ça marche – À quoi sert la pomme de terre ? Pourquoi ça ne marche que si on a soit-même assemblé son passeur ? Pourquoi toute la matière peut passer, mais pas le fer ? – mais les hommes prennent rapidement possession de ces nouvelles Terres qui s’ouvrent à eux.

Notre Terre est rapidement renommé « Primeterre ».
On s’accorde sur une convention simple : on appellera « Est » et « Ouest » les deux directions vers lesquelles on peut aller (c’est une convention mais l’homme étant ce qu’il est, les américains se ruent à l’Ouest alors que les chinois choisissent l’Est).
Les premières Terres parallèles sont appelées « Basses Terres », les Terres les plus éloignées « Hauts Megas »…
Les réalités proches se ressemblent fortement, mais la Longue Terre convient aussi des mondes glaciaires, des mondes désertiques, des mondes aquatiques… bref, tout est possible… mais nul part ailleurs qu’en Primeterre, on ne trouve de trace de l’Humanité.

Dans la Longue Terre, on finit toujours par trouver à peu près tout ce
qu’on peut imaginer.

Alors que chaque nation commence à coloniser rapidement ces nouveaux territoires vierges, Josué Valienté, un passeur-né (ces humains qui ont toujours pu passer), est approché par la « Black Corporation » pour entreprendre un voyage jusqu’aux tréfonds de la Longue Terre afin d’en découvrir les mystères. Il fera ce grand voyage à bords du « Mark Twain », un dirigeable spécialement conçu pour (sans aucune pièce en fer, évidemment) et avec Lobsang, une IA qui se prétends (mais peut-être est-ce tout simplement vrai ?) être un tibétain réincarné dans un distributeur de boissons.

Alors que le concept de départ pourrait sembler absurde, tous les éléments se combinent de manière logique et l’univers qui en résulte est particulièrement crédible.
Les réactions des êtres humains à ce chamboulement majeur – enthousiasme, réticence, rejet pur et simple – sonnent juste et les implications sociales, économiques et politiques de cette révolution sont abordées de manière logique et réaliste.

Tous les pays essaient évidemment d’encadrer et de régir ces nouveaux territoires. C’est à la fois une nouvelle colonisation et une nouvelle ruée vers l’Ouest.

La France, par exemple, a déclaré son territoire ouvert à la
colonisation dans l’ensemble du multivers pour qui désirait être
français et souscrivait à un document précisant point par point ce que
signifiait être français. C’était une idée courageuse, mais quelque
peu desservie par le fait que, malgré un débat national passionné, il
ne se trouvait pas deux Français pour être d’accord sur la définition
de leur nationalité. Selon une autre école de pensée, cependant, se
quereller sur ce qui déterminait son appartenance à la France était
justement l’un des critères requis pour chanter cocorico.

Alors qu’il devient si facile de ramener de l’Or des Terres parallèles où les gisements n’ont jamais été exploités, l’Or ne tarde pas à perdre sa valeur.
Alors qu’il devient si facile de s’échapper vers des réalités vierges, pourquoi les masses pauvres et désœuvrés n’y partiraient pas ?
Comment se protéger alors qu’on peut accéder partout, en passant simplement dans un sens puis dans l’autre, au mépris des protections les plus ingénieuses et des murs les plus épais ?

Le terroriste britannique, lui a été plus attentif en cours de
géométrie : il a fait irruption en pleine chambre des communes et
appuyé aussitôt sur le bouton. Mais il a négligé une partie de ses
leçons. En effet, il a eu pour ultime vision cinq députés qui
débattaient d’un projet de loi insignifiant sur la pêche au hareng.
S’il avait eu l’idée de surgir au bar du parlement, il aurait récolté
une bien meilleure moisson d’âmes.

Bref, je vous encourage vivement à découvrir par vous-même, la réponses à toutes ces questions, et à bien d’autres. J’ai eu, pour ma part, un gros coup de cœur pour ce roman surprenant.

En le commençant, j’avais du mal à imaginer quel pouvait être le résultat de cette collaboration entre deux écrivains si différents – Sir Pratchett le génial inventeur du Disque Monde et pape de la fantasy humoristique, Baxter l’un de grands de la SF tendance « hard science » – mais ils se complètent étonnamment bien et on su créer un monde particulièrement touffu et crédible, et donc une histoire addictive.

Personnellement, je me suis déjà jeté sur la suite…


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